mardi 17 novembre 2015

Bataclan



Des zombies ils sont,
Des moutons d'autres deviennent.
Toi et moi : dansons !
Oublions peur et haine
Chantons, la vie célébrons !




samedi 31 octobre 2015

Mauvaise pioche . Conte avec Markos et Vanessa pour "Contes de légendes d'automne 2015"

Mauvaise pioche
Il était une fois dans notre beau village, une jeune demoiselle répondant au nom de Vanessa. Vous l’avez peut-être croisé au collège Ubelka ou dans les rues d’Auriol avec ses amis Julien, Lucas et Fatou.
Son père était l’ancien conservateur du Musée Martin-Duby.
Elle avait pour habitude chaque soir de le rejoindre après les cours.
Elle se plaisait à s’installer sur les escaliers menant à la salle du Trésor. Là, en contemplant les pièces millénaires, elle se remémorait les aventures passées.
Tout avait commencé en 2013 avec le vol du Trésor…
Pour innocenter son père accusé injustement elle avait mené l’enquête avec sa bande de copains.
Un mystérieux personnage s’était joint à eux : un dénommé Markos !
Markos, c’est celui qui a raconté les aventures d’Ulysse. Il habite sur les monts de l’Olympe et son boulot, c’est relater les faits et gestes de Zeus : c’est un aède.
Bien sur rien ne s’est passé simplement et dans leur seconde aventure il a fallu le libérer d’un sortilège qui le retenait prisonnier.
Avec beaucoup de courage les quatre amis ont arpenté les collines environnantes en quête des ingrédients nécessaires à la réalisation de la potion salvatrice.
Et comme il fallait s’y attendre,  les consignes n’ont pas été respecté et une des leur a disparue !
Leur amitié, lors de sa recherche, dans le tome 3, a été mise à rude épreuve.
Enfin, malgré tout, tout est rentré dans l’ordre.
Du moins jusqu’à ce fameux soir d’octobre…
Comme à son habitude Vanessa lisait ses textos sur les marches, attendant que son père ferme le musée.
Soudain la lumière du grand lustre faiblit, imperceptiblement.
-         Papa ? c’est l’heure ?
Personne ne répondit.
La lumière à nouveau fit des siennes mais cette fois-ci s’éteignit dans un fracas d’étincelles.
L’obscurité envahit la pièce.
Un souffle glacial la fit frissonner.
Une odeur de souffre se rependit dans la pièce : elle n’était plus seule !
Une forme se mouvait devant elle, dans tous les sens.
Elle pensa tout d’abord qu’il s’agissait d’un nuage de lucioles orangées. Mais en regardant attentivement elle réalisa qu’il s’agissait d’un esprit !
L’esprit d’une jeune femme égarée qui tentait désespérément de se cacher derrière la grande vitrine.
Vanessa, sentant le désespoir du fantôme, maitrisa sa peur et se prépara à entrer en contact avec lui.
Comme avec un animal apeuré elle s’approcha doucement en lui tendant la main.
-         Calme-toi ! tout doux… tu n’as rien à craindre de moi…
Sa voix était douce. Elle s’assit par terre et lentement le fantôme pencha la tète sur le coté. Il dévisagea la jeune fille qui se présentait :
-         Je suis Vanessa, j’ai 14 ans, et toi ? Qui es-tu ?
Manon, car c’était son nom, n’utilisa pas la parole pour raconter son histoire à notre héroïne.
Elle projeta des images qui permirent à la jeune fille de recomposer son aventure.
Une bien étrange aventure…. mais nous étions un soir de Samain,
Et en ce soir spécifique où certains fêtent le nouvel an, les portes entre les mondes s’ouvrent.
Et quelques fois il se produit des choses pas très habituelles…
Figurez-vous, que ce soir là, une apprentie sorcière : Malicia, habitant quelques ruelles plus loin, avait voulu faire revenir l’esprit de son amie morte l’année précédente, elle avait trouvé un rituel sur internet et l’avait appliqué sans vraiment réaliser, que ses actes pouvaient avoir de terribles conséquences.
Il n’est pas anodin d’appeler l’esprit d’un disparu. Et je vous conseille de ne pas essayer sans être accompagné par une grande sorcière.
Notre tête de linotte avait préparé un cercle avec des bougies. Elle était entrée dans le cercle avec une épée et avait gravé le nom de Manon au centre. Puis elle avait déclamé  une incantation approximative, sans se douter que les mots étaient  importants. Il ne faut pas dire n’importe quoi, sinon, il arrive n’importe quoi…
Ce fut donc la mauvaise Manon qui voyagea à travers les mondes jusqu’à nous. Manon des Sources, celle qui au début du XXème siècle qui parcourait nos collines avec son troupeau de chèvres ! Et non pas Manon Source qui apparut.
Elle s’était retrouvée projeté dans les rues d’un village qu’elle reconnaissait à peine : tout avait changé !
Le seul lieu qui lui avait paru familier c’était notre musée : en 1915, il y a cent ans tout juste, elle s’y était mariée avec son instituteur muté à l’école de notre village. Ils s’étaient installés à Sauveclare et avaient vécu heureux.
Après elle ne se souvenait de rien, seulement de cette spirale qui l’avait happé et son atterrissage dans les ruelles sombres. Son errance puis les bougies au rebord de la mairie.
 Et oui notre musée était précédemment l’Hôtel de Ville. De nombreux mariages y furent célébrés. Peut-être celui de vos grands-parents. L’architecture familière du lieu l’avait incité à entrer, espérant trouver le chemin du retour.
Vanessa sentant son trouble lui dit :
-         Ne t’inquiète pas nous allons trouver une solution, l’équilibre doit être maintenu, un qui entre un qui sort, c’est Augustine qui me l’a appris.
Seulement, voilà, Vanessa n’avait nulle idée de la manière dont elle devait procéder. Son premier réflexe fut d’appeler son père.
Mauvaise idée. Il lui dirait surement de rentrer immédiatement à la maison. Et elle ne serait d’aucune utilité pour Manon.
Envoyer un sms à ses amis ?
Là encore, elle abandonna l’idée. Entre les gaffes de Fatou et le caractère irréfléchi de Julien, ils perdraient trop de temps.
Une seule personne connaissait le Royaume de l’au-delà : c’était Markos. Il ne s’était pas vu depuis que Fatou était revenue des Monts de l’Olympe.
Vanessa  rassura encore une fois Manon et lui confia qu’elle allait faire appel à un ami très cher. La jeune fille ne devait en aucun cas s’inquiéter.
Ensuite, notre héroïne tenta de concentrer toutes ses pensées vers Markos. Elle serra entre ses doigts la médaille qu’elle avait autour du cou. C’était un cadeau de son père. Une des pièces du trésor d’Auriol : la Treizième Pièce. Il ne fallut que quelques secondes pour que son ami des Monts de l’Olympe ne réponde.
-         Vanessa ! Quel plaisir de t’entendre. Tu ne m’as pas oublié ! Comment se passe ta vie dans ce beau village d’Auriol ?
Vanessa eut un peu honte. Il est vrai qu’elle ne s’était aucunement occupée de son ami à la suite de leur dernière aventure.
Mais la vision de cette pauvre Manon qui triturait ses doigts et s’inquiétait du sort qui lui était réservé, lui fit vite reprendre ses esprits.
-         Markos ! J’ai besoin de toi !
-         Ben, fallait le dire de suite ! s’exclama-t-il en apparaissant instantanément dans la salle du musée.
Vanessa sursauta. Elle était pourtant habituée aux facéties de son ami. Manon quant à elle hurla de terreur.
-         Manon, n’aies pas peur ! C’est Markos, mon ami.
-         Bonjour, Mademoiselle Manon. Markos s’inclina devant elle. Vous me paraissez être une bien belle dame. Votre détresse me va droit au cœur. Que puis-je pour vous ?
-         Markos ! Ce n’est pas le moment de draguer ! Aide nous. Elle a emprunté le passage entre les mondes par erreur et elle ne sait plus très bien où elle est. Elle doit rentrer chez Hadès.
-          Fastoche ! Elle n’a qu’à prendre la barque et voilà !
Markos mit un certain temps à comprendre que la jolie Manon, ne savait pas du tout où trouver la barque pour repartir chez Hadès. Il hésita un moment puis lâcha :
-         Bon d’accord, je te raccompagne. J’ai juste besoin d’une pièce. Et de quoi lui faire traverser le village discrètement.
Vanessa sortit une pièce de sa poche. Elle l’avait gardé pour acheter une citrouille. Ensuite, elle rejoignit son père dans le bureau. Il était plongé dans la lecture d’une lettre très ancienne retrouvée dans les archives. Quand Vanessa lui demanda les nappes blanches, il lui fit vaguement signe qu’elles se trouvaient dans le placard mais ne leva pas la tête.
Quand elle remonta, Markos s’était déguisé en chauve-souris Vampire Elle posa la nappe sur la tête de Manon. Elle serait déguisée en fantôme. Ça serait plus discret.
Ils descendirent tous trois et sortirent dans la rue.
La nuit était déjà bien installée. Des enfants, suivis par leur parents sonnaient à toutes les portes et interpellaient bruyamment celui ou celle qui s’aventurait à ouvrir.
De joyeuses bandes défilaient dans les commerces. Malgré le froid qui s’installait, il régnait un petit air de fête.
Grace à leur déguisement, ils passèrent inaperçus. Il fallut toutefois, rappeler Markos à l’ordre. Cet incorrigible gourmand tentait de chiper des bonbons à tous les enfants.
Ils longèrent l’Huveaune jusqu’au Moulin Saint Claude. La devant la grille, Markos suggéra à Vanessa de rentrer chez elle. Il continuerait tout seul, c’était très dangereux de s’aventurer dans le royaume d’Hadès.
-         Je serai prudente dit elle, curieuse de découvrir le frère de Zeus.
-         Non ! tu rentres chez toi ou bien je te laisse te débrouiller seule !
Elle fit ses adieux à Manon, la rassurant sur les compétences de Markos et fit mine d’obéir, mais, à peine avaient-ils pénétré dans le sous-sol du bâtiment qu’elle escalada la grille pour les suivre.
Au-dessous du moulin, ils restaient quelques vestiges. Et bien sûr, l’arrivée d’eau. Markos appela :
-         Oh ! Passeur de Monde, approche et guide nous vers l’au-delà.
Quelques instants plus tard, une longue barque s’avança silencieusement. A l’arrière, debout, un vieil homme décharné enfonçait une longue perche dans l’eau et dirigeait l’embarcation. Une faible lanterne éclairait.
Il ne dit rien. Markos lui tendit la pièce et invita la jolie Manon, débarrassée de son drap à grimper avec lui. Ils s’éloignèrent aussi discrètement qu’à l’aller. Vanessa suivit la faible lueur de la lanterne. Quand celle-ci disparue complètement, seules les ténèbres demeurèrent. Elle resserra le drap autour d’elle. Et frissonna. Qu’allait-elle faire ?
Prenant son courage à deux mains, elle appela :
-         Oh ! Passeur de Monde, approche et guide nous vers l’au-delà.
La même scène de déroula devant elle. Elle voulut tendre une pièce à cet étrange vieillard. Hélas, elle l’avait donné à Markos.
Celui-ci, toujours sans rien dire, lui montra son pendentif du doigt. Elle avait oublié, la pièce du trésor.
Il fallait à tout prix qu’elle les suive. Elle offrit avec quelques remords l’unique trésor qu’elle possédait.
Pendant la traversée, tout fut étrangement calme. Elle essaya bien de questionner le pilote de l’embarcation sur l’endroit où se rendait ses amis, il resta muet comme une carpe.
La barque accosta une plage obscure.
Vanessa descendit en remerciant le passeur.
Dans un souffle il murmura :
-         Je n’interviens pas dans le sens de ce qui doit être, mais votre place n’est pas ici. Vous courez de gros risques…
Puis comme elle le saluait, il lui indiqua le chemin vers l’ouest.
Elle marcha le plus rapidement possible pour rejoindre son ami. Cela lui permit aussi de ne pas s’attarder sur l’angoissante forêt qu’elle traversait. Des bruits sourds jaillissaient, parfois accompagnés de cris ou de pas précipités, à moins que ce ne soit l’écho de ses propres pas…
Enfin, elle aperçut un halo de lumière. C’était l’âme de Manon.
Elle n’était qu’à quelques mètres de Markos et allait l’appeler quand apparut une vision terrifiante.
Un immense escalier éclairé par des torches plantées dans des cranes. Au sommet de cet escalier, un homme. Sans hésiter, Vanessa sut qu’il s’agissait d’Hadès. Il était immense. Un long manteau noir flottait dans l’air glacial et lui donnait l’air encore plus grand. Les cheveux en bataille, les yeux cernés de noirs, il attendait, un sceptre à deux fourches à la main. Juste à ses côtés Cerberes était posté.
-         Markos ! Cela fait bien longtemps que je t’attends !
Markos marqua un temps d’arrêt. Il n’avait pas prévu de rencontrer le Maitre des Enfers. Il prit une profonde inspiration et s’avança :
-         Hadès ! Mon ami. Je t’amène Manon. Tu vois je tiens mes promesses je suis revenu…
-         Et tu oses te moquer de moi !
La voix d’Hadès résonnait. On aurait dit que chaque pierre des murs qui contenait son royaume avait pour mission de répercuter à l’infini les mots du Maitre des lieux. Cela créait une atmosphère surréaliste et surtout très effrayante.
Il faut savoir qu’il y a bien longtemps de cela, Markos avait eu affaire à Hadès. Il était venu chercher une âme.
-         Enfin ! ……..ma biographie. Se réjouit le Dieu des enfers.
Elle doit être majestueuse, 300 ans pour l’écrire cela va être Le Best Seller !
Tu as su mettre en avant Tout mes exploits !
-         C’est que….. elle est à la relecture, bafouilla Markos. Pour l’orthographe… tu l’as voulu en grec ancien, je n’ai plus l’habitude… je suis passé au mode sms moi !
-         Markos ! ne te moque pas de moi, tu n’as rien du faire encore….Je t’avais prévenu : si tu revenais sans, je te gardais !Je t’ai fait confiance, je t’ai rendu l’âme de la belle Oriane. Tu étais prêt à te damner pour elle. Je n’ai exigé qu’une seule chose : une biographie digne de celle que tu as faite à mon frère Zeus! Mais….. Que vois-je ? Tu n’es pas venu seul ? Approchez demoiselle ! Vous êtes un peu jeune pour fréquenter cet individu peu recommandable !
Vanessa s’approcha doucement, sous le regard interdit de Markos, sidéré  qu’elle lui ait désobéi.
-         Je t’avais dis de rester au Moulin ! ce serait bien que tu me fasses un peu confiance de temps en temps ! on limiterait les problèmes !
Vanessa releva la tête vers Markos pour lui répondre.
Soudain, un souffle glacial parcourut la grotte, un brouillard surgit de nulle part se leva et peu à peu envahit tout le royaume. Lorsqu’Hadès referma ses bras levés, les pieds de Vanessa étaient enchainés. La longue chaîne s’enfonçait dans le sol et semblait inaltérable.
-         Reprenons très cher aède…afin de m’assurer que ma commande soit honorée cette fois ci, ton amie restera mon hôte !
Vanessa tentait de tirer sur les maillons. Prisonnière par sa bêtise et par la faute de Markos. Tout aurait été plus simple s’il avait tenu ses engagements. Comment sortir de ce mauvais pas ? Elle s’assit à même le sol, désespérée.
Markos eut beau supplié, geindre, pleurnicher, promettre. Rien n’y fit. Il proposa même de prendre la place de Vanessa et d’écrire les mémoires sur place. Hadès hésita un instant, puis rejeta la proposition.
C’est alors, que Manon apparut. La lumière qui l’auréolait était plus étincelante que jamais.
Silencieusement, elle posa une main sur l’épaule de Vanessa. Ce geste infiniment tendre l’apaisa. De ses mains glissa une épingle à cheveux.
Elle se retourna vers Markos et mima sur ses lèvres un message à son intention :
-         Tu n’auras qu’une chance. A toi de la saisir !
Puis, elle continua pour le Dieu des enfers :
-         Cher Hadès, quel est ce sortilège ? Par quelle incroyable magie tu fais apparaître les brumes ?
Hadès, flatté qu’on s’occupe de sa personne, se tourna légèrement vers Manon.
-         Ce n’est rien ma chère, c’est un tour élémentaire pour un Dieu de mon envergure.
-         Je peux y arriver ?
-         AH ! AH ! AH ! Belle enfant ! Vous pourriez y parvenir si je vous l’enseignai et si vous vous entrainiez assidument pendant des années.
-         Montrez-moi, s’il vous plait, minauda-telle.

Trop sûr de lui, Hadès posa son sceptre et entreprit de faire lever le brouillard.
Manon riait et battait des mains comme une enfant.
-         Encore ! Encore !
Et le Dieu des enfers rendait les lieux encore plus opaques. Une vraie purée de pois.
Vanessa eut tôt fait de comprendre le manège de Manon. Dès qu’elle fut enveloppée de brume, elle crocheta la serrure qui la reliait aux lourdes chaînes et se libéra.
Par où fuir ? On n’y voyait goutte.
C’est alors que Markos l’attira vers lui.
-         Par ici !
-         Markos ! Qu’as tu encore fais ?
-         Pas maintenant ! Nous devons fuir. Suis moi, je connais bien les lieux !
Les mots des deux jeunes gens étaient couverts par les rires de Manon.
Ils avancèrent le plus rapidement possible dans le dédale qui menait à la barque.
Peu à peu la brume s’effaça. Un hurlement de rage retentit. Hadès avait compris qu’il avait été berné. La pauvre Manon. Il se vengerait c’est sûr.
Comment échapper à la colère qui allait s’ensuivre ?
On entendait le pas des gardes d’Hadès s’approcher à vive allure.
Soudain, ils furent happés par un jeune homme qui se tenait dans un recoin.
Il mit un doigt devant la bouche. Vanessa et Markos gardèrent le silence. Seul le battement de leur cœur pouvait les trahir. Les gardes passèrent en courant à côté d’eux. Ils ne virent rien.
Le jeune homme se présenta. Il s’agissait du mari de Manon, il les remercia d’avoir indiqué le chemin du retour à son épouse adorée. Et se mit spontanément au service des deux amis.
Vanessa s’inquiéta pour Manon, Ce qui fit rire Bernard. Il connaissait bien son épouse, c’est pour Hadès qu’il fallait s’inquiéter pas pour elle. Elle les rejoindrait d’ici peu.
Il tendit un recueil à Markos.
-         Votre sauf conduit.
Il s’agissait des mémoires d’Hadès. Mais pas exactement de celles auxquelles s’attendait le Maître des Enfers. Sur chaque page, il y avait un dessin Hadès, il y était représenté avec ses sujets. Ses gardes, et surtout tous ses défauts.
-         Quel coup de crayon ! s’exclama Markos.
-         Merci. J’en suis assez fier. Mais jusqu’à présent, ces illustrations se distribuent sous le manteau. Hadès n’est pas au fait de la presse clandestine. S’il vous demande ses mémoires, tendez-lui ce document. Le temps qu’il comprenne vous serez loin. Et ne vous inquiétez aucunement. Nous sommes déjà morts une fois. Que peut-il nous arriver de plus ?
Vanessa  le  remercia chaleureusement. C’est vrai qu’il dessinait bien. Elle avait déjà vu ce trait.
Bernard les guida vers le fleuve où le passeur les attendait.
Markos fouilla dans ses poches, il n’avait plus de pièce…
Mais le passeur leur sourit et les invita à monter à bord.
Au fond de la barque il y avait un exemplaire de la revue clandestine.
Au moment de larguer les amarres, la voix d’Hadès retentit.
-         Markos ! Je peux t’empêcher de repartir !
Markos jeta négligemment le livre relié au pied du Dieu.
-         Voilà tes mémoires. Nous sommes donc quittes.
Déjà la barque voguait pour remonter à la surface.
Une fois accosté, ils entendirent les hurlements d’Hadès :
-         Markos ! tu me le paieras !
Quand ils sortirent du Moulin Saint Claude, la nuit était noire. Il était temps  de rentrer. Claude devait sûrement les attendre.
Arrivés devant le musée, Julien, Lucas et Fatou les accueillirent bruyamment.
         - Il nous est arrivé quelque chose d’extraordinaire ! Commença Vanessa.
         -Tu m’étonnes ! Tu étais avec Markos ! Rien ne se passe normalement avec lui ! Ronchonna Julien, un peu jaloux.
Déjà Fatou la bouche pleine de bonbons l’entrainait avec elle.
-         Allez viens, nous n’allons plus avoir de bonbons.
Vanessa demanda quelques minutes et grimpa rejoindre son père dans le bureau.
-         Papa ! j’ai quelque chose pour toi.
La jeune fille tendit une feuille à son père. C’était une des illustrations de Bernard.
-         Un original ? Incroyable, je ne l’ai jamais vu celui-ci. Où l’as-tu trouvé ?
Vanessa mentit.
-         Dans les archives du musée. Tu devrais trier un peu d’ailleurs !
La jeune fille embrassa son père et redescendit les escaliers en courant rejoindre ses amis.
Claude, pendant ce temps, ressortit les dessins de Cabus. Il était grand fan et ne se douta pas un instant que ce qu’il prit pour un original était en fait un dessin du grand-père de l’illustrateur. Le même trait, le même paraphe. L’odeur du papier était étrange, comme si il était resté longtemps dans un endroit humide. Il gondolait un peu. Mais il était superbe
 -Vanessa ! On va chez Malicia, elle fait une séance de spiritisme ce soir ! Ça va être génial !
Vanessa répondit :
-         Surtout pas ! j’ai eu mon comptant de revenants pour aujourd’hui. Venez chez moi, il y a une fête d’enfer et j’ai une histoire qui vous fera trembler.






vendredi 16 octobre 2015

Tanka



Un chocolat chaud
lors de ces temps incertains
efface les maux.
Diffuse chaleur, des mains
aux lèvres carmin.

Octobre 2015.

Forêt endormie



Lierre qui se faufile
le long du chêne, guettant
le flot des eaux vives,
des oiseaux, le doux chant.

Fontaine du Vaucluse Octobre 2015

mardi 25 août 2015

Mabon


Mabon

Des fruits murs tombent les graines
La nature change de tons
Son manteau sur elle amène
Se parant d’or et de marron.

Pour renaître il faut que vienne
La mort et son pesant traîneau
Des fruits murs tombent les graines
La nature change de tons.

O mère ! Bannis la haine
Que j’ai dans le cœur. Qu’à  Mabon
Soient effacées mes viles actions
Pour que la joie avec elle ramène
Les fruits murs éclos des graines.


Syhaey août 2014

Photo : Steff Eychenne

lundi 17 août 2015

Lacher prise


Elle a déposé ses armes.
Étendue face à la Déesse,
tournée, elle cache ses larmes,
à ceux qui la croient sans faiblesse

Syhaey Août 2015

samedi 18 juillet 2015

Eco système


Ubelka, dévastatrice,
en lave, ses eaux a changées,
pour que les forces créatrices
après elle,  puissent  à nouveau œuvrer.

jeudi 11 juin 2015

Coffee littéraire


Jeudi 17 mars 2016 ; Couleur (s)

jeudi 18 février 2016 : Purification,

jeudi 21 janvier 2016 : La normalité,

jeudi 17 décembre 2015 : Duo,

Jeudi 19 novembre 2015 : Breuvage et Élixir,

Jeudi 15 octobre 2015 : Frissons,

Jeudi 17 septembre 2015 : Quête et Enquête,

Jeudi 20 août 2015 : L'attente,

Jeudi 16 juillet 2015 : Eléments,

Jeudi 18 juin 2015 : Passion,

Jeudi 21 mai 2015 : Divinité,

Jeudi 16 avril 2015 : Secrets,

Jeudi 19 mars 2015 : La folie,

Jeudi 19 février 2015: Les amants maudits,

Soleil lointain



Soleil lointain,
ignorant de l'ombre
où attend incertain,
l'être qui succombe.



lundi 11 mai 2015

Prochaines dates

Le samedi 12 et dimanche 13 décembre 2015 : Marché de Noel Auriol,

Le samedi 5 décembre 2015 : Librairie Tieblemont, La Destrousse,

Le samedi 28 novembre 2015 : Cultura La Valentine  14h,

le samedi 21 et dimanche 22 novembre 2015 : Salon du livre de Pau (à confirmer),

Le samedi 14 novembre 2015 : Le carré des écrivains, Centre Bourse Marseille,

Le samedi 7 novembre 2015 : Librairie Maupetit-Actes Sud,

Les samedi 17 et dimanche 18 octobre 2015 : Salon de Bordères (64),

Les samedi 12 et dimanche 13 septembre 2015 : Salon de Lescar, les mystères de la cité (64),

Le samedi 8 août 2015 : Librairie L'Essentiel  16 h Casteljaloux (47), (seulement Marmel),

Le mercredi 22 juillet 2015 : Fête du livre jeunesse " lire en short" 10h/18h
stand "Team press" sur le parvis de la bibliothèque d'Auriol,

Le mercredi 08 juillet 2015 : Librairie "Le jardin des lettres" à St Maximin 9h15/12h30
 (seulement Flora et Marmel),

Le dimanche 14 juin 2015 : Fête artisanale Parc de l"Hotel de ville à St Victoret. 9h30/18h30,

Le samedi 06 juin 2015 : Librairie Thieblemont à la Destrousse,

Le samedi 30 mai 2015: La plume Embrunaise, Embrun (seulement Marmel),

Le dimanche 17 mai 2015 : Marché des créateurs sur le cours Negrel Ferraud, Roquevaire,

Art'm


dimanche 1 février 2015

Imbolc

Imbolc

Dans son grand lit de bois sculpté, Margot tourna le dos au rayon de soleil qui traversait le volet.
Dès son apparition, inlassablement, l’astre du jour tentait de la faire sortir de son lit douillet.
Chaque matin, si son bébé lui en laissait la possibilité, la jeune femme se donnait quelques minutes de répit.
Elle allait se rendormir lorsqu’une information arriva jusqu’à son esprit embrumé :
Aujourd’hui nous étions le 02 février et on célébrait Imbolc !
La brume se dissipa comme par magie de son esprit et elle sauta du lit.
Le sol, sous ses pieds, était glacé mais elle ne s’en aperçut pas toute à son excitation de préparer la fête !
Elle était fille de Celtica, et comme ses habitants, vivait au rythme de Dame Nature. Elle adorait Imbolc annonçant le retour de la lumière, le réveil de la terre après un trop long hiver.
Sur la table de la salle à manger elle prit l’encensoir, l’enflamma et y déposa quelques grains de myrrhe. Aussitôt la pièce se remplit d’une odeur chaude et envoûtante qui se propagea dans toute la maisonnée. Elle récupéra les trois bougies préparées la veille, les alluma et les disposa  dans la salle d’eau : une sur le rebord du lavabo et les autres de chaque coté de la baignoire.
Hypnotisée par le halo d’une des bougies elle se dévêtit.
Elle fit glisser sa chemise de nuit, découvrant un corps que la grossesse avait magnifié : ses hanches avaient gagné en volupté et ses seins, gonflés par la prochaine tétée, en volume.
Ses mains délicates délièrent sa lourde natte libérant se chevelure flamboyante.
Le rituel de purification pouvait se poursuivre, elle était prête !
Nue, elle allait s’offrir à l’eau. Eau qui devait couler jusqu’à effacer toutes les impuretés accumulées  au cours de ce long hiver.
Margot enjamba le tube et se glissa sous le filet qui arrivait directement de la rivière.
Bien qu’elle soit préparée, sa fraîcheur lui coupa le souffle : les battements de son cœur s’accélérèrent, sa peau  devint chair de poule, la pointe de ses seins se durcit.
Elle offrit son visage au flot régénérant qui pénétra lentement la masse rousse de ses cheveux et dégoulina le long de ses reins.
Le froid s’estompa laissant la place à une sorte de transe.
Margot n’était plus qu’une onde, son corps se mouvant au rythme du torrent.
Elle faisait qu’un avec l’eau et son éternel cycle : Elle chutait avec elle, ruisselait, s’infiltrait, avant de s’évaporer et se condenser. Pour recommencer, encore et encore…
Quelques minutes s’écoulèrent avant qu’un frisson plus soutenu que les autres lui fasse comprendre qu’il était temps de sortir.
La lustration était finie.
La jeune femme récupéra le drap qu’elle avait mis à chauffer  près de la cheminée, s’en emmitoufla avant de s’assoir près de l’âtre.
Les flammes réchauffèrent son corps transi : elle était sereine alanguie lorsque les premiers couinements se firent entendre.  Elle alla chercher l’enfant et s’installa face aux flammes, découvrit un sein et guida la bouche avide jusqu’à la source.
Tandis que petit Paul tétait goulûment elle songea qu’il faudrait qu’elle se rende à la bergerie aujourd’hui. Son lait n’était plus aussi nourrissant et le bébé ne grossissait pas normalement. Il fallait le compléter avec du lait de chèvre.
En  coupant par les bois elle pourrait y être rapidement. La journée était clémente. La lumière que de timides rayons diffusaient  contrastait avec la tristesse des arbres dénudés. Ils étaient lugubres sans leur parure. Mais cela allait bientôt changer : la nature allait se réveiller et couvrir les feuillus d’une teinte vert tendre.
Le bébé contre elle, elle mit moins d’une heure pour atteindre la bergerie.
Vincent, le chevrier, l’accueillit chaleureusement et lui fit visiter ses nouvelles installations.
Tandis que petit Paul dormait dans la paille, elle aida son ami à transporter le lait, récolté lors de la traite, dans la pièce arrière où se faisait le caillage.
Les gestes lui revenaient automatiquement ; elle avait travaillé une saison à la bergerie avant la naissance de son enfant. Elle avait aimé seconder Vincent  à la fabrication du fromage, sortir le caillé pour le mouler et le mettre à l’égouttage.
Elle trouvait magique  la dernière étape,  celle de l’affinage : comment une pâte placée  dans un bon environnement, s’épanouissait et atteignait ce niveau gustatif  qui régalait les papilles.
A ce stade de ses réflexions, Vincent  vint la rejoindre lui annonçant que son bébé était réveillé : c’était l’heure de se mettre à table !
Ils dégustèrent les produits de la maison : Amarrons, Loubains et Tomes : même petit Paul eut son biberon de lait !
Le soleil déclinant,  Margot se décida à rentrer. Son panier rempli de bouteille de lait, elle quitta à regret la bergerie. Bercé par le balancement des pas de sa mère le bébé s’endormit contre elle. Elle mit plus de temps qu’à l’allée, rattrapée par sa fatigue et le poids de sa charge.
Elle poussa enfin la porte de sa chaumière, se remémorant les taches à accomplir : en priorité rallumer les bougies, en disposer une sur la fenêtre, préparer les crêpes…
Elle imaginait déjà le sourire gourmand de son mari lorsqu’il rentrerait.
Toute à ces préparatifs elle déposa délicatement l’enfant dans son berceau, espérant ne pas le réveiller.
Sa couverture glissa et elle tenta délicatement de le recouvrir. Quelque chose bloquait et empêchait le châle de monter.
Etonnée elle le souleva et stupéfaite découvrir à la place des petits chaussons beiges, qu’elle avait glissé aux pieds de son enfant : deux petits sabots.
A  partir du nombril, le corps de son fils était recouvert d’un court pelage brun.
Que s’était il passé ? A quel moment cela s’était il produit ?
N’oublions pas chers lecteurs, que nous sommes en Terre de Syhaey où la magie est toujours présente.
Margot ne fut donc pas surprise outre mesure par la métamorphose.
Par contre elle fut pétrifiée par les conséquences que cette dernière  pouvait avoir sur leur vie, jusque là heureuse !
En effet une prophétie courrait dans le royaume.
Elle annonçait  que le sacrifice d’un enfant mi-humain pourrait délivrer le peuple du haut plateau d’une épidémie qui sévissait depuis des mois.
Si le grand druide apprenait que son bébé n’était plus totalement humain il l’enlèverait !
Le cœur de Margot battait dans sa poitrine, elle ne savait que faire. Elle ne pouvait partir, elle n’avait nulle part où aller. De toutes manières le ministre de culte la retrouverait assurément : il savait tout, rien ne lui échappait.
Des images horribles envahirent son esprit : les soldats venant chercher petit Paul.  Elle imagina le déchirement, la douleur et le vide.
Le bébé sentant le désespoir de sa mère, hurlerait.
Des cris de plus en plus forts, de plus en plus réels.
Soudain  sa tête bascula sur le coté.
Margot ouvrit les yeux et découvrit les flammes de la cheminée.
Leur chaleur dissipa ses dernières angoisses et des larmes de soulagement coulèrent le long de ses joues tandis qu’elle changea le bébé de sein et couvrit les petits pieds dodus de son fils qui s’étaient échappés de la couverture.

                                                                  Syhaey 2014



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